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Les coups de cœur de janvier

Les médiathécaires du CE vous proposent leurs coups de cœur de ce début d'année...
N'hésitez pas à venir emprunter ces oeuvres à la médiatèque, auparavant vous pouvez découvrir un aperçu de chacune d'elle en cliquant sur la photo correspondante. 

 

la chose commune

CD

La Chose commune, opéra-jazz révolutionnaire 

Le musicien Emmanuel Bex (à l’orgue et en chef d’orchestre) et le metteur-en scène-trompettiste David Lescot présentaient au printemps un spectacle musical évoquant la commune de Paris (mars-mai 1871). Ce CD, enregistré en novembre dernier, en est le résultat Lescot précise : «Avec Bex, nous avons rassemblé de quoi tenir une barricade. Honneur aux femmes : aux côtés d’Elise Caron qui prête sa voix, corps et âme, aux héroïnes de la Commune, voici Géraldine Laurent, au saxophone. Et puis Simon Goubert, batteur épique. Il parle, il écoute, il raconte, il sait être d’une violente douceur. Rap et slam en bannière, Mike Ladd, est un sidérant improvisateur. Car la Commune de Paris, affaire de résistance et de révolution, fut aussi une grande improvisation». De ce fait, La chose Commune est une évocation gonflée de la commune de Paris : ce "printemps évident" selon Rimbaud. Cette guerre civile en France, saisie à chaud par Marx, qui finit dans un bain de sang (le massacre des communards par les Versaillais, du 21 au 28 mai 1871) donne à entendre une musique fondée sur l’improvisation et des éclats de voix politiques, eux aussi nés au gré des manifestations sur les places parisiennes. La commune exigeait la liberté de la presse, l’émancipation des femmes, elle réclamait plus de justice et de démocratie. C’est une "révolution totale" et à ce titre, ce disque se veut lui-même une expérience totale, à la fois concept album, document historique, prétexte à toutes les audaces musicales sur fond de jazz.
Laurent Pennacchi - Sud


stalineDVD

Le divan de Staline - Fanny Ardant

Staline vient se reposer trois jours dans un château au milieu de la forêt. Il est accompagné de sa maîtresse de longue date, Lidia. Dans le bureau où il dort, il y a un divan qui ressemble à celui de Freud à Londres. Il propose à Lidia de jouer au jeu de la psychanalyse. Il y a aussi Danilov, un jeune peintre choisi pour présenter à Staline le monument d’éternité conçu à sa gloire. Un rapport trouble, dangereux et pervers se lie entre les trois. Pour sa troisième réalisation, Fanny Ardant, passionnée par la Russie, adapte le livre de Jean-Daniel Baltassat et s'intéresse à la relation entre Staline et sa maîtresse. Troublant. La peur paranoïaque de finir au goulag est omniprésente en cette fin de règne. Et Fanny Ardant montre parfaitement l'étendue de cette folie généralisée dans une mise en scène qui rappelle l’univers théâtral. Elle offre un nouveau rôle énorme – Staline et ses démons intérieurs – au non moins énorme Depardieu et met sa sensibilité et sa passion au service d’une œuvre qui montre l’art, le pouvoir, la peur.
Médiathèque Nord


margaret atwood

Livre

La servante écarlate - Margaret Atwood

Alors que le roman de Margaret Atwood est maintenant devenu une série télé à succès, il faut profiter de l’occasion pour s’y (re)plonger. Paru en 1985, c’est un véritable classique de la science-fiction dans sa branche dystopienne. la dystopie imagine un futur où personne ne serait heureux (à l’opposé de l’utopie où tout irait bien). Ce livre souligne aussi de façon subtile mais claire l’importance du combat féministe dans une société où le droit des femmes est loin d’être solidement acquis (et encore là, il n’est question que des structures sociales les plus avancées dans ce domaine). La société que dépeint Margaret Atwood est un véritable cauchemar, d’une froideur qui nous rappelle que l’Humanité peut facilement manquer d’humanité. S’il s’agit d’une œuvre de fiction pure, l’auteure a construit cet univers sur la base de notre passé. Chaque loi, chaque fonctionnement de ce monde fictif renvoie à des situations historiques réelles : elle n’a rien inventé, mais recycle habilement des éléments pris à divers dictatures à travers les âges. Cela rend son récit encore plus terrifiant, mais saurons-nous en tirer des leçons ? Rien n’est moins sûr comme nous le démontre l’actualité…
Laurent Bigot - Sud